26 mars 2000 : face aux Juifs, des paroles et des gestes prophétiques.

Ce 26 mars 2000, le pape est à Jérusalem. S’avançant lentement vers le Mur occidental, il fait un signe de croix et glisse, entre les pierres, une enveloppe au contenu extraordinaire : une demande de pardon. Qui aurait pu imaginer une telle chose quelque vingt ans plus tôt lors de son élection ?

Suicasmo (2018), Mur Occidental, Jérusalem, Wikimédia : Licence Commons.

S’il y a une raison pour laquelle Jean Paul II mérite son auréole, c’est assurément pour son travail de réconciliation avec le judaïsme. Archevêque de Varsovie, diocèse sur lequel se trouve l’emplacement du camp d’Auschwitz, Karol Wojtyla prend conscience de l’ampleur de ce qu’il s’est produit avec la Shoah. À l’issue du concile Vatican II, il prend également très au sérieux la modification décisive que la déclaration Nostra aetate avait introduite dans la relation au judaïsme.

Devenu pape, Jean Paul II fait franchir à la doctrine catholique officielle un pas décisif. La venue du Christ, en instaurant une Nouvelle Alliance, n’a pas rendue caduque la Première Alliance conclue avec le peuple juif. Jean Paul II révoquait définitivement la théologie de la substitution. Prônée depuis des siècles, cette dernière considérait que l’Église catholique s’était substituée au peuple juif et était le « nouvel Israël », et même le « vrai », Verus Israel.

Sur ce chemin de réconciliation, il y eut peut-être quelques faux pas. Le Carmel d’Auschwitz, installé en 1984 dans un ancien dépôt du camp, suscita bien des remous de même que la béatification de Thérèse-Bénédicte de la Croix (nom en religion d’Edith Stein déportée car juive et morte en 1942). Mais la création d’une commission de travail sur les archives de Pie XII et la reconnaissance de l’État d’Israël plaident réellement en faveur du travail de réconciliation.

Pour en savoir plus sur Jean Paul II et découvrir des aspects moins connus d’un saint que certains ont souhaité voir canonisé en urgence au prix d’une série de difficultés dans l’Eglise catholique aujourd’hui :

Christine PEDOTTI et Anthony FAVIER, Jean Paul II, l’ombre du saint, Paris, Albin Michel, 330 pages.

Disponible en magasin : la Librairie, la Procure, la FNAC, Cultura, Amazon et dans toutes les bonnes librairies ! Et pour les « fans », le site Témoignage chrétien propose des exemplaires dédicacés.

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