1er juin 1980 : le cardinal Marty qualifie Jean Paul II de « sportif de Dieu ».

tiré de Sam GUZMAN (2014), « 20 Images that prove St. John Paul II was the coolest saint ever », Pinterest.

C’est François Marty le cardinal-archevêque de Paris, qui dans le Parc des Princes, le mythique stade de foot du Paris Saint-Germain, a eu ce bon mot. Il demanda aux jeunes Français présents d’accueillir Jean Paul II comme le « sportif de Dieu ». L’expression fit le tour du monde… L’image n’est pas nouvelle : on la trouve dans les textes de saint Paul et des pères de l’Église. En revanche, un pape athlétique, qui se fait creuser une piscine dans sa résidence de Castel Gandolfo, fait du ski et qui est connu pour aimer randonner, c’est complètement inédit ! Pie XI, alors qu’il était cardinal avait gravi le versant italien du Mont Blanc, mais les papes de la seconde moitié du 20ème siècle, qu’on pense à Jean XXIII, au ventre rebondi, Paul VI, pâle et insomniaque ou encore Jean Paul Ier, cardiaque, ne brillaient pas par une santé éclatante !

Si, en 1978, le conclave s’est porté vers le fringant cardinal Wojtyla c’est peut-être que les cardinaux étaient bien conscients des enjeux de l’époque. De nombreux prêtres quittaient les ordres pour se marier et les premières contestations liées à l’homosexualité du clergé frémissaient. En donnant l’image d’un prêtre en bonne santé, viril et sûr de lui, Jean Paul II montre qu’on peut concilier une masculinité plus standard et le sacerdoce et fait taire les rumeurs. Un souverain pontife se faisant déposer par hélicoptère au sommet d’une montagne pour s’offrir une belle descente à  ski choquerait  peut-être aujourd’hui notre sensibilité écologique mais à l’époque cela constituait une campagne de communication inédite.

Ce corps puissant et glorieux a connu bien des vicissitudes : un attentat, en 1981, qui a failli le tuer, puis la vieillesse et la maladie de Parkinson. Dans les années 1990, les expédients ne suffisent plus à cacher les difficultés d’un homme qui ne souhaite pas renoncer avant d’avoir accompli son projet : mener l’Eglise jusqu’au jubilé de l’an 2000.  À quel prix ce refus d’une renonciation s’est-il effectué : abus de faiblesse d’un homme diminué forcé de se remettre entre les mains de la Curie ? Idéalisation de la vocation jusqu’à un point où même son successeur, Benoit XVI, fut incapable de suivre ? Imposition à l’ensemble du catholicisme d’une théologie de la souffrance contestable ? Le corps de Jean Paul II est bel et bien au coeur des débats de ce pontificat.

Pour en savoir plus sur Jean Paul II et découvrir des aspects moins connus d’un saint que certains ont souhaité voir canonisé en urgence au prix d’une série de difficultés dans l’Eglise catholique aujourd’hui :

Christine PEDOTTI et Anthony FAVIER, Jean Paul II, l’ombre du saint, Paris, Albin Michel, 330 pages.

Disponible en magasin : la Librairie, la Procure, la FNAC, Cultura, Amazon et dans toutes les bonnes librairies ! Et pour les « fans », le site Témoignage chrétien propose des exemplaires dédicacés.

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